Sandro est parti ce matin. Une cérémonie de départ était organisée au Théâtre des Trois P'tits Tours.
Il a fait un petit discours. Et puis, il a pris son grand sac à dos.
Il est parti.
2000 kilomètres à pied. De Morges à Petrizzi. De Morges – en Suisse – à Petrizzi – en Calabre.
Cinq ou six minutes à peine après son départ, nous avons quitté le théâtre.
J’ai pris ma Panda. J’ai roulé un peu. Et je l’ai vu qui marchait.
Il était dans le crachin. Très loin, déjà. Et j’ai pensé: "Mais c’est bien sûr… Il marche dans le temps…"
Je me suis souvenu du poème intitulé "Mars à Meudon", dans lequel Jacques Réda récupère une phrase de Borgès:
Je peux attendre l’autobus sous ce doux aspergès
De mars. Il pleut. Ou il pleuvait. (La pluie, a dit Borgès,
Est quelque chose qui sans doute a lieu dans le passé.)
C’est ça. Il pleut. Il pleut toujours. Et il pleuvait.
Il est parti, maintenant. Et moi, je rentre. Ou je rentrais.
C’est un peu ça.
Il est parti.
Et moi, dorénavant, je suis là-bas – je me souviens.
30 mars 2013
Il est parti
par Filippo Zanghì 0 commentaires
02 mars 2010
Paris carnet de la patience
J'arrive à Paris.
J'habiterai dans un Centre pour chercheurs et artistes étrangers.
Je rencontre la directrice, Madame Keller. Elle me présente Talia, qui arrive de Vienne par avion ce matin même.
Son studio est au 3e étage, comme le mien.
"Vous habitez à côté!"
Elle est italienne. Elle a une bourse, comme moi. Elle travaille au Centre Pompidou. Elle est dans l'art contemporain.
Me voilà dans le bain.
Je sors dans le parc sur lequel donnent les appartements et les studios.
Je regarde la façade du Centre.
Je cherche ma fenêtre.
par Filippo Zanghì 0 commentaires
03 mars 2007
Atterrissage
À ma descente d'avion, un parfum d'humus a envahi mes narines. Il m'a fait penser au Vietnam.
J'ai la tête ailleurs.
Mon installation est terminée. Mes livres sont arrivés.
J'ai recommencé à écrire. Les premiers entretiens sont dans la boîte.
par Filippo Zanghì 2 commentaires
06 février 2007
Départ en vue
Je pars dans deux semaines. J'ai renouvelé mon passeport italien, trouvé un transporteur pour mes livres, contacté mon assurance, acheté un adaptateur pour la prise de mon Mac. Je dois encore compléter ma pharmacie, rendre des livres, en emprunter d'autres peut-être, me faire couper les cheveux et voir du monde.
J'ai fait un nouvel investissement, acquis un enregistreur numérique. Objectif numéro un: garder trace de mes conversations au village, notamment avec les anciens. Le dialecte des anciens est plus serré, plus sec, plus entortillé que celui des jeunes générations. J'aurai besoin sans doute de faire traduire certains des enregistrements.
Désormais, le transblog fonctionnera en tandem avec un audioblog, intitulé Suoni_siciliani_Sons_siciliens. Il y a déjà des sons dessus... suisses forcément. Disons que ce sont des exercices.
Les choses sérieuses commencent la semaine prochaine. Rendez-vous pour quelques extraits d'un entretien avec Marco. C'est aussi un "Lausannois de Sicile". Il a vingt-cinq ans et il a décidé de s'installer là-bas. Je compte lui demander pourquoi.
par Filippo Zanghì 1 commentaires